Bordeaux en primeur – still ’in the doldrums’?

Oxford_blogFor those of you with an interest in the fine wines of Bordeaux and the en primeur circus, here’s an interesting article from Oxford Today, the university magazine, which we’ve republished with their kind permission. Several reasonably bright friends and family brought it to our attention. Hanneke Wilson, the wine steward at Exeter college, explains how en primeur is regarded by the Oxford colleges – once a strong market for Bordeaux. (In French too, for the Bordelais.)

The piece was from last Autumn, and focuses on the Bordeaux 2014 vintage – a very good one – but the points about consumer confidence and the way the offers come out are still valid.

In the doldrums

The Bordelais have become greedy and complacent, severely damaging the sale of en primeur wines, says Exeter wine steward Hanneke Wilson

Bordeaux en primeur is in the doldrums. En primeur is a form of futures trading designed to benefit the producer and the consumer: by buying early, the consumer gets a discount, and the producer a guaranteed price. After a succession of mediocre vintages offered at inflated prices, however, the market is flat and Oxford colleges are fed up.

Yet the Burgundy version of the system works well. Burgundy’s complex geology and fragmented ownership mean that sough-after wines are made in small quantities. En primeur is a chance to buy at a discount, or, in some cases, to buy at all.

Even the smaller Bordeaux vineyards are big by Burgundy standards, so the wines aren’t rare. Bordeaux has a long supply chain: the château pays commission to a courtier, who sells the wine to various négociants, most of whom have warehouses on the Quai des Chatrons in Bordeaux itself; the négociant then sells to the wine merchant.

Bordeaux is sold en primeur in the late spring following the vintage. The samples offered to the trade and to journalists in April are not finished wines and may not even reflect the final blend. Nevertheless ‘wine critics’ publish marks, as if these infant wines were schoolchildren.

Oxford has its own version of the campaign in May. For weeks on end we have our inboxes clogged up with emails as the prices come dripping out. Instead of using their professional acumen to present the customer with a selection of the best wines at the best prices, many merchants act as brokers, and the result is multiple offers of the same wines several times a day. One colleague tells me he has a special mailbox marked ‘wine junk’.

So who benefits? The UK trade’s margins for en primeur claret are wafer-thin (10% is typical). The customer, who is invited to pay now for wine that won’t be delivered for another two years, isn’t guaranteed a good price. Anyone who bought the top 2009s and 2010s overpaid by a third. The Chinese cancelled their orders once they realised, and the bubble burst. The vintages 2011, 2012 and 2013 were expensive and mediocre. Consumer confidence has plummeted.

2014 was a good vintage, not for long-keeping but with fresh ripe fruit and bright acidity. Here was an opportunity to win back friends. Alas, most of the grand châteaux released their wines at the same high price in euros as the 2013s. A few wines, such as the lovely Château Sénéjac, whose production costs equal those of the now unaffordable crus classes, were offered at what is likely to prove a discount and sold well, but these were the exceptions.

Various petits châteaux were decently priced, but there is no point in paying now and tying up capital for two years: barring currency movements, they are likely to be available at the same place once bottled, and will drink straight away. If the grander producers had been less greedy, this could have been a vintage to buy en primeur at advantageous prices to make up for the previous three lean years.

For now, Oxford’s wine stewards are looking elsewhere, and claret is no longer the mainstay of our cellars.

Written by Dr Hanneke Wilson

Copyright Oxford Today

 

En Maresme

Les Bordelais sont devenus cupides et contents d’eux, nuisant ainsi à la vente en primeur, selon Dr. Hanneke Wilson, sommelière d’Exeter College à l’université Oxford.

La vente en primeur de Bordeaux se trouve dans un moment difficile. La vente en primeur est une forme de marché à terme, conçue pour bénéficier à la fois le producteur et le consommateur : en achetant le vin plus tôt, le consommateur obtient un rabais et le producteur un prix garanti. Cependant, à la suite d’une succession de millésimes médiocres aux prix excessifs, le marché est plat et les collèges d’Oxford en ont marre.

Pourtant, la version bourguignonne de ce système marche bien. La géologie complexe de Bourgogne et la propriété fragmentée de la région signifient que les vins demandés sont produits en petite quantité. Là bas, la vente en primeur fournit une opportunité d’obtenir un rabais ou même, plus simplement, juste d’acheter du vin.

Même les châteaux les plus petits de Bordeaux sont grands par les normes de Bourgogne, donc les vins ne sont pas rares. A Bordeaux il y a une grande chaîne logistique : le château verse une commission à un courtier, qui vend le vin aux négociants différents dont la plupart ont des entrepôts sur la Quai des Chartrons à Bordeaux ; ensuite le négociant vend au marchand.

La vente en primeur arrivent vers la fin du printemps suivant le millésime. Les échantillons offerts à l’industrie et aux journalistes en avril ne sont pas les vins finis et c’est possible qu’ils ne réfléchissent même pas le mélange final. Néanmoins, les ‘critiques de vins’ publient des notes, comme si ces jeunes vins étaient des écoliers.

Oxford a sa propre version de cet événement en mai. Pendant des semaines sans cesse, nos boîtes mails sont inondées par des emails qui contiennent les prix les plus récents. Au lieu d’utiliser leur sagacité professionnelle pour présenter le client avec les meilleurs vins aux meilleurs prix, beaucoup de marchands agissent comme courtiers, et par conséquence on reçoit plusieurs promotions sur le même vin chaque jour. Un collègue m’a expliqué qu’il a une boîte spéciale marquée ‘Wine Spam’.

Donc qui gagne ? Les marges commerciales du Royaume Uni pour la vente en primeur du clairet sont minuscules (le moyen est 10%). Le client, que l’on invite à payer maintenant pour un vin qui ne sera pas livré pendant encore deux ans, n’est pas assuré d’un bon prix. Ceux qui ont acheté les meilleurs vins de 2009 et 2010 ont payé un prix un tiers trop cher. Quand les Chinois se sont rendus compte de ce fait, ils ont annulé leurs commandes et la bulle a éclaté. Les millésimes 2011, 2012 et 2013 étaient chers et médiocres. La confiance des consommateurs a chuté.

Le millésime 2014 était bon, pas de longue garde mais frais, fruité et d’une acidité vive. Hélas, la plupart des grands châteaux ont mis ses vins sur le marché aux mêmes prix élevés en euros que les vins de 2013. Quelques vins, comme le très bon Château Sénéjac, dont le coût de production est égal aux crus classées qui sont maintenant inabordables, étaient mis sur le marché à un prix qui sera sans doute un rabais, et du coup ils se sont bien vendus – mais ils n’étaient que des exceptions.

Quelques petits châteaux vendaient aux prix raisonnables, mais il ne sert à rien de payer maintenant et immobiliser capitaux pendant deux ans : sauf le mouvement de devise, une fois mis en bouteille il est probable que les vins soient disponibles au même endroit et prêt à boire tout de suite. Si les plus grands producteurs avaient été moins cupides, cette vente en primeur aurait pu être une opportunité d’acheter aux bons prix et compenser pour les derniers trois ans.

Pour l’instant, les sommeliers d’Oxford cherchent ses vins d’autres parts, et les vins rouges de Bordeaux ne sont plus le pilier de nos caves.

Written by Dr Hanneke Wilson

Copyright Oxford Today